Un homme tue un voleur d’iPhone

Posted on

Il y a eu ces dix dernières années une considérable recrudescence des vols de smartphones. Leur prix ne cessant d’augmenter, il est facile de dérober l’iPhone d’un usager inattentif pour ensuite le revendre sur l’un des nombreux sites de ventes entre particuliers, ou sous le manteau dans une gare. Le vol de smartphones a néanmoins baissé dernièrement grâce notamment à une fonctionnalité : la géolocalisation.

Des vols en baisse, mais des vols quand même

Qui dit baisse ne dit pas disparition et même si les smartphones peuvent désormais être géolocalisés, bloqués, ou effacés à distance, des pirates ont encore plusieurs méthodes pour rendre le téléphone utilisable à nouveau. Les smartphones sont devenus malgré eux l’objet dont raffolent les pick-pockets notamment de part leur valeur à la revente qui est très intéressante. Il existe en France comme ailleurs des réseaux de voleurs, de revendeurs, et de pirates, qui font leur petit business sur le dos des honnêtes citoyens et ça, la société y est selon moi plus coupable que la technologie en elle-même. Vous savez, cette société qui nous dit que pour mieux vivre il faut posséder un téléphone haut de gamme. Mais bon, c’est un autre débat.

Un homicide involontaire par géolocalisation

La voilà, la vraie histoire. Lue à l’instant sur Le Journal du Geek, elle relate la mésaventure d’un père de famille écossais de 38 ans qui aujourd’hui est passible d’une peine de prison ferme pour meurtre.

Le 30 Août 2013 (l’histoire date mais elle ne fait la une qu’aujourd’hui), le fils de cet écossais rentre de l’école sans son iPhone, qu’il s’est fait dérobé. Grâce au très connu système de géolocalisation FindMyPhone, le père s’est donc mis en tête de récupérer l’iPhone de son fils. Arrivé au point indiqué par l’application, il retrouve en effet le voleur qui ne se laisse pas faire. Une bagarre s’en suivi alors, le voleur sorti un couteau pour l’enfoncer dans l’oeil du père de famille, qui le retourna ensuite contre son agresseur lui assénant plusieurs coups à différents endroits du corps.

Le voleur est décédé d’une crise cardiaque à la suite de ses blessures et le père a perdu un oeil. Pour couronner le tout, la scène s’est déroulés devant les yeux, très certainement ébahis et aujourd’hui remplis d’amertume, des enfants de cet écossais de 38 ans.

Tout ça, il est important de le préciser, pour un iPhone.

Entre auto-justice et légitime défense

On se doute qu’un iPhone, ça coûte cher. Ce père de famille était certainement un homme honnête qui a travaillé d’arrache-pied pour offrir à son fils cet appareil. Cependant cette histoire, aussi triste soit-elle, me pousse à poser plusieurs questions. Doit-on se faire justice soi-même ? On se souvient tous de l’histoire du bijoutier de Nice, tuant un voleur pour défendre son gagne-pain. Celui-ci avait été soutenu à grands coups de pages Facebook sur lesquelles s’opposaient propos racistes et appels aux armes. Seconde question : est-ce que ça en vaut la peine ? Je pense ne pas prendre de risque en disant que pour moi, clairement, non. Perdre un oeil pour un iPhone, tuer un homme, le jeu n’en valait pas la chandelle. Doit-on estimer que le volé a une part de responsabilité ? Comme les filles attouchées à cause d’une jupe trop courte, l’utilisation ostensible d’un téléphone portable est-elle un appel au vol ? Et enfin : qui est responsable ? Le père de famille aura beau plaider la légitime défense, il s’est jeté lui-même dans la gueule du loup.

Gardons en tête qu’en France et ailleurs, la justice peine encore à établir clairement des processus fonctionnels quand au vol des appareils électroniques. Qui vole un oeuf, vole un boeuf, les sanctions sont suffisantes. Mais la police est selon moi malheureusement encore à la traîne et ne sait pas déployer les moyens humains et technologiques pour mettre fin aux vols des appareils électroniques.

Vous l’aurez compris, il y a pour moi d’un côté une justice lente, de l’autre des citoyens excédés, et dans un coin, ricanant bêtement, une société avare qui se moque des répercussions de ses manipulations de masse.

A bon entendeur.

  • Partager